TEMOIGNAGES. "Les voyages ont triplé de prix" : pour de nombreux Français, partir en vacances est devenu "un luxe"
D'après une étude pour le Secours populaire, plus de la moitié des Français considère que partir en vacances est un besoin essentiel. Beaucoup d'entre eux, comme ceux rencontrés à Aubervilliers (Seine-Saint-Denis), ne peuvent cependant pas partir l'été pour des raisons financières.
Plus d'un quart des Français ne partiront pas en vacances cet été, d'après une étude Ipsos pour le Secours populaire, publiée le 12 juin, à l'occasion des 90 ans de la généralisation des congés payés, en 1936. Après l'assurance maladie, les congés payés sont pourtant la loi sociale à laquelle la population est la plus attachée.
À Aubervilliers, une ville ayant l'un des taux de pauvreté les plus élevés de France selon l'Insee (42%), Richama regrette que les vacances soient devenues "un luxe". 39% des personnes interrogées pour le Secours populaire partagent cette opinion. "Les voyages ont triplé de prix. Avant, c'était un moyen de décompresser, de sortir du cadre parisien dans lequel on vit et qui est hyperstressant. Mais même pour aller à côté, en province, on doit débourser des sommes astronomiques avec la SNCF", constate l'étudiante boursière de 23 ans.
"On n'a pas de vrai temps de détente"
Le baromètre de l'étude a été réalisé à partir d'un échantillon de 1 000 personnes représentatives des Françaises et Français de 18 ans et plus. Il détaille qu'environ 40% d'entre eux doivent faire une croix sur les vacances pour une année donnée, et que 14% de la population nationale ne part tout simplement jamais. Un renoncement qui est surtout lié à des contraintes financières, plutôt qu'à un choix personnel, peut-on lire dans l'étude.
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"Je dirais que les vacances sont un besoin essentiel, mais pour moi, ce sera après la retraite, si c'est possible", témoigne une aide-soignante de 64 ans, rencontrée elle aussi dans la commune de Seine-Saint-Denis. Elle rejoint l'avis de 61% des personnes interrogées dans l'étude. Pourtant, cela fait trois ans qu'elle n'est pas partie. "Cette année je n'ai pas mis d'argent de côté, je n'ai pas fait d'économies. La vie est plus chère au quotidien". Le budget vacances a disparu, reconnaît celle qui gagne "un peu plus que le Smic".
Ce renoncement n'est pas dénué de conséquences pour l'aide-soignante. "J'ai l'impression d'être tout le temps fatiguée, parce qu'on n'a pas de vrai temps de détente. Même si on prend nos congés, qu'on reste à la maison et qu'on fait le tour de Paris… Ce ne sont pas de vrais repos", admet-elle.
Source : franceinfo — voir l'article d'origine ↗